Déclaration de Kingdom Shore
- Les oiseaux s’élèvent au-dessus des arbres et se reposent, sans découragement;
- Alors que dans nos cœurs nous attendons un point de vue honnête. Ici-bas,
- De vieilles bouteilles tissent au visage d’un lac frais;
- Le vent se lève, sans discrimination, et nous poursuivons
- Notre labeur, debout sur le faîte des roseaux.
D’une quiétude sans repos provient une musique écrite et enregistrée sans volonté précise, sauf celle d’exprimer clairement et simplement une tentative — longue obsession — de partager le substantif trop gros pour n’importe quel cœur, de faire le guet afin de bien échouer dans nos efforts à repousser les malveillants, les cœurs étroits, les décideurs de tendances analogiques, les dissociés; les formes crues qui survivent, bouche béante, ignorantes à dessein, aux latitudes enrouées; pour s’amuser dans la nuit, pour se réjouir parmi les ondes stationnaires à 19 Hz, pour refuser le monde comme justification des intérêts d’une stratégie de carnage qu’on nous vend, pour défier le nerf ouvert de la dépossession, pour chantonner doucement parmi les lièvres aux élections libres sous la menace des fusils, pour refuser l’ironie basique, l’artifice, la nostalgie, la pitié et le sentimentalisme, pour laver toute prétention s’élevant de notre doute et de notre vulnérabilité, pour faire une maigre offrande afin d’honorer ceux et celles qui nous ont donné l’espoir que nos petites tentatives puissent soulager la honte qui nous pousse et vers laquelle nous sommes poussés, pour résister à l’insensibilité et à la peur inhérentes des malveillants et des dissociés, pour redonner le peu que nous avons reçu de bien et pour attirer vers l’âtre ceux et celles qui savent que la lumière de ce monde n’est pas sa cendre finale et que quiconque croit en quelque chose ne peut pas tuer son prochain.
Ceci n’est pas une tentative de pertinence. Ce n’est pas moderne. Ce n’est pas de la musique de chambre. Les musées servent à l’éducation et à l’oubli actif; ce ne sont pas des prisons pour les enfants que nous sommes et qui sont les nôtres. Il est trop tôt pour reléguer nos buts à l’incomplétude. Il y a encore trop à faire. Prenez un livre, un crayon, un pinceau, un marteau, un ciseau. Désespérez, jeunes, et ne regardez jamais en arrière.
Penchez-vous plus près, mes amis. Partons.
[traduction française: François Couture, x-09]